Manon – Il faut tout un village pour préparer une maman.

un allaitement une histoire Brave MARGOT

1/ Si tu le souhaites, tu peux me faire une petite présentation de toi.

Je m’appelle Manon, j’ai 25 ans et j’habite au Havre.

Je suis en couple depuis 7 ans avec le papa de Victoire, notre petite fille née en juin 2022.

Je viens vous raconter ici l’histoire de mon allaitement avec Victoire qui a été une totale découverte car je viens d’une famille ou aucun enfant n’a jamais été allaité au sein.

2/ Quel était ton rapport avec l'allaitement avant de devenir mère?

Je n’ai pas été allaitée au sein et je viens d’une grande famille où nous sommes 13 petits enfants, 6 arrières petits enfants et aucun d’entre nous n’avait jamais été allaité avant Victoire.

J’ai plusieurs fois entendu ma grand-mère faire des remarques en voyant des enfants qui n’étaient plus des nourrissons au sein de leur mère en disant qu’elle ne comprenait pas qu’on puisse faire ça.

Vous l’aurez compris, mon envie d’allaiter ne vient pas de la reproduction d’un schéma familial, non, loin de là.

J’ai découvert l’allaitement et ce qu’il pouvait procurer pour la mère et l’enfant à travers les podcasts de bliss stories. C’est en écoutant des vécus d’autres femmes sur leur allaitement que j’ai commencé à trouver cela chouette. 

En grandissant j’ai aussi porté moins d’importance au jugement que pouvaient avoir les autres sur mes prises de décision et je me suis donc détachée de l’appréhension d’annoncer à ma famille que je souhaitais allaiter mon bébé.

J’étais armée pour ne pas changer d’avis à l’écoute de leurs premiers arguments de dissuasion.  

3/ Comment s'est déroulé ton accouchement en quelques mots, et surtout le début de ton allaitement?

J’ai accouché à 38 SA + 3 jours, j’ai été déclenchée à la suite d’une perte de sang inexpliquée la veille.

Pendant ma grossesse, j’ai suivi le programme de préparation à l’accouchement de Manon naissance magique. Mon projet d’accouchement était surtout de faire en sorte que ça se passe bien et que je puisse accompagner au mieux mon bébé. Si je pouvais accoucher physiologiquement c’était bien, mais si pour X ou Y raisons cela n’était pas possible ça ne serait pas un échec.

Je me souviens d’une phrase d’un programme d’ailleurs qui disait 

“dans l’accouchement, lorsque la douleur devient une souffrance, il faut savoir lâcher”.

 

Cette phrase a résonné en moi pendant mon accouchement lorsque j’étais ouverte à 5 et que le travail n’avancait plus, je commençais réeellement à souffrir et j’ai demandé une péridurale. Le travail s’est alors remis en marche, c’est comme si la douleur m’avait tétanisée et avait empêché le travail de se poursuivre, j’étais donc contente de voir que la péridurale avait été positive. 

Je savais aussi que les contractions en cas de déclenchement pouvaient être plus difficiles à appréhender. 

La fin de l’accouchement se passe merveilleusement bien et la première tétée est totalement spontanée et magique. Victoire est venue chercher le sein d’elle même pendant que j’expulsais le placenta avec la sage femme.

Nous avons passé beaucoup de temps en peau à peau en salle de naissance.

 

Après être arrivée en chambre, Victoire était une grosse dormeuse et j’étais souvent tentée de la réveiller pour téter. Lorsque je la réveillais, elle se rendormait aussitôt arrivée au sein. Je me suis sentie plutôt mal conseillée par le personnel de la maternité au sujet de l’allaitement.

On m’a fait remarquer que mes tétons ne ressortaient pas assez et que je devrais porter des bouts de sein pour faciliter la prise de mon bébé. La maternité m’avait alors donné des bout de sein beaucoup trop gros et pas du tout adaptés. Heureusement ma maman avait vite pu aller m’en chercher des plus adaptés à la pharmacie.

J’ai allaité pendant 3 mois complets avec ces bouts de sein et j’ai fini par essayer d’arrêter de moi-même car Victoire faisant ses nuits et la stimulation avec les bouts de sein étant moins forte qu’au sein directement, ma lactation était en train de diminuer trop fortement.

L’arrêt des bouts de sein et sous le conseil d’une sage femme de tirer mon lait une fois pendant la nuit m’a permis de rattraper la lactation et de poursuivre mon allaitement sereinement. L’arrêt des bouts de sein m’a provoqué quelques crevasses que j’ai rapidement réparées à l’aide de crème et de coquille en argent, j’ai utilisé les coquilles de la marque Silverette.

J’aurais aimé pouvoir donner le lait que j’ai tiré chaque nuit, mais le lactarium le plus proche reste trop loin de chez moi pour pouvoir mettre cela en place. Je l’ai donc congelé et je l’utilise au fur et à mesure pour mettre dans le bain de Victoire ou lui en faire des savons.

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4/ Combien de temps as-tu allaité?

Ma fille a 11 mois aujourd’hui et nous poursuivons encore notre aventure.

J’avais tenté d’introduire le biberon pour ses 2 mois afin d’anticiper ma reprise au travail pour ses 2,5 mois mais cela a été très difficile pour elle comme pour moi, nous n’étions pas prêtes du tout.

Mon médecin m’a alors prolongé mon congé maternité en me proposant un congé pathologique pour allaitement. J’ai décidé entre temps de renoncer à mon CDI qui avait des horaires décalés de nuit et j’ai démarré un CDD près de chez moi pour les 6 mois de ma fille.

Une super nounou et un travail tout près de chez moi m’ont permis de ne pas stopper mon allaitement et de ne pas devoir tirer mon lait. Pendant toute la durée de mon CDD, je suis allée chez ma nounou 2 fois par jour pour donner le sein. Cela a été très bien compris par ma fille et nous a permis de garder un lien très fort pendant cette première séparation. Nous avions à ce moment là introduit un doudou, chose qui aidait bien pour l’attente de mon arrivée quand elle avait faim. 

Pendant mon CDD, je me suis sentie très fatiguée par le rythme travail / post partum et je commençais à observer des phases de dépression du post-partum. Aujourd’hui cette mission de 4 mois est terminée et je pense à une reconversion, pourquoi pas pour accompagner les jeunes mères justement. 

5/ As-tu déjà reçu des commentaires qui ont pu te marquer par des inconnus ou ton entourage au sujet de l'allaitement?

Par des inconnus non, mais il m’arrive régulièrement d’avoir des petites piques de la part de ma famille du style:

“C’est parce que tu as voulu allaiter qu’aujourd’hui ta fille refuse toujours de prendre le biberon”.

 

“Elle tète encore, mais tu viens de la nourrir?”

 

 

 

 

“Elle ne peut pas s’en passer avant de dormir, elle est assez grande maintenant…”

 
 

Mais tout cela ne m’affecte pas du tout, je sais que je suis au bon endroit et que mon allaitement n’est absolument pas déplacé ni malsain. 

6/ As-tu déjà renoncé d'allaiter ton bébé par peur de gêner?

Je n’ai jamais renoncé non, en revanche je me souviens très bien de ma première sortie avec Victoire. Nous étions dans un grand centre commercial en plein air et plus je voyais Victoire se réveiller, plus j’étais stressée de devoir l’allaiter pour la première fois en public avec autant de monde autour.

Mon mari et le parrain de ma fille qui étaient avec moi m’ont tout de suite mise en confiance en me disant “si quelqu’un te dit quelque chose, on gère”.

Et finalement je n’ai eu aucune remarque ni aucune regard déplacé, au contraire le serveur s’est même montré très bienveillant envers moi.

7/ As-tu déjà pensé à la fin de ton allaitement?

Au départ je m’étais dis “si je tiens 3 mois je suis super fière de moi”.

Arrivée aux 3 mois de Victoire, ça se passait très bien et je me suis donné comme objectif de suivre les recommandations de l’OMS et de l’allaiter jusqu’à 6 mois exclusivement.

A 6 mois, nous avons commencé la diversification et malgré quelques réflexions de ma famille du type “du coup tu vas arrêter maintenant qu’elle est diversifiée?”, je n’ai toujours pas le déclic, nous suivons notre rythme de croisière et pour le moment ni elle ni moi n’exprimons le besoin d’arrêter, je profite de ce lien magique.

Si ma fille décidait d’arrêter d’elle-même demain, je serais triste mais je sais que j’aurais donné tout ce dont elle avait besoin.

 

Aujourd’hui la seule raison qui pourrait nous faire prendre la décision de stopper cet allaitement serait le désir d’un deuxième enfant car avec l’allaitement je n’ai toujours pas eu mon retour de couche.

 

8/ Que dirais-tu à une maman qui aimerait essayer l'allaitement mais qui l'appréhende?

Il faut essayer sans se mettre la pression.

Que l’allaitement dure 2 jours ou 2 ans, il faut se valoriser et se dire que l’on a donné ce que l’on a pu donner.

Il faut démarrer un allaitement sans pression et s’écouter sans avoir peur de se faire conseiller par des professionnelles.

Aujourd’hui dans mon projet de reconversion professionnelle, j’ai fait un sondage au sujet de l’arrêt des allaitements et beaucoup d’entre eux sont subis est la cause de ne pas avoir réussi à se faire aider.

 

“Il vaut mieux donner un biberon avec le sourire que le sein en pleurant”

 

9/ Si tu devais recommencer une aventure d'allaitement, est-ce que tu changerais quelque chose?

Absolument rien, ou alors peut-être juste enlever les bouts de sein au début maintenant que je suis plus au fait de l’allaitement et que je suis convaincue que je n’en n’avais pas besoin.

Certaines nuits ont été très difficiles, notamment pendant les pics de croissance où je finissais par m’endormir sur le tapis de la chambre de Victoire pour ne pas devoir me relever à chaque tétée (je n’ai jamais fait de co-dodo avec elle) mais pour rien au monde je ne changerai quelque chose et j’espère pouvoir revivre un jour une si belle expérience.

 

10/ Dans le kamasutra de l'allaitement, quelle est ta position préférée?

Il est très difficile pour moi de choisir entre la tétée du soir et celle du matin… les deux sont géniales.

Le soir où nous activons le mode endormissement en rocking chair, ou le matin allongée dans le lit en faisant plein de papouilles.

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